9782246765813  quand_souffle_le_vent_du_nord

La septième Vague 

Voici depuis quelques jours, "la septième vague" est en librairie (d'ailleurs, ce n'est pas la même couverture. Moi, je prefere celle là, mais bon...). Lundi, dernier, après les critiques élogieuses qui fusaient de toutes part, j'ai franchi le pas et je me suis attaqué à "Quand souffle le vent du Nord", De Daniel Glattauer, premier tome du diptyque de la correspondance par mail d'Emmi Rothner et de Léo Leike. Bon, ce qu'il y a de bien avec les récits épistolaires, c'est l'impression de lire un livre à la vitesse d'un TGV parcourant la campagne normande ( comment? Ma remarque est impossible, il n'y aura pas de TGV vers la Normandie avant  2020? ) Avec un roman épistolaire, on n'a même pas le temps de regarder le paysage par la fenêtre, on est deja arrivé en gare.

Petit rappel de l'intrigue:

Une femme: Emi Rothner envoi un mail pour résilier son abonnement au magazine "Like" et par inadvertance, son courriel arrive dans la boite d'un homme, Léo Leike, avec qui elle va commencer un échange. Tantôt enflammé, tantôt, tendu, ce dialogue va courrir sur deux années....Emmi, déja en couple, va devoir reflechir sur son idée du bonheur.. 

C'est terrible, les opinions...Est ce que si c'était moi qui avait découvert ce livre en premier, je n'aurais pas crié moi aussi au genie? Force est d'avouer que mon avis est partagé. Les sentiments sont vraiment bien retranscrits, on vit au travers des personnages leur rapprochements et leurs éloignements. Leurs rapprochements et leurs éloignements. Leurs rapprochements et leurs éloignements....Vous voyez où je veut en venir...Surtout dans la suite "La septième vague". J'ai été "submergé", par un sentiment d'agacement. Je reposait parfois le livre avec un soupir. Ce fameux soupir qui veut dire: "Ca me frise..."

Tours et détours des sentiments humains...Léo et Emmi  sont justement très humain. La septième vague plaira à tous ceux qui ont aimés le premier ça c'est sur.

Extrait 

Le lendemain

LEO.- Il se rit des plaies, celui qui n'a jamais reçu de blessures ! (Apercevant Emmi devant sa webcam ) Mais doucement ! Quelle lumière jaillit par cette fenêtre ?

Voilà l'Orient, et Emmi est le soleil ! Lève-toi, belle aurore, et tue la lune jalouse, qui déjà languit et pâlit de douleur parce que toi, sa prêtresse, tu es plus belle qu'elle-même ! Ne sois plus sa prêtresse, puisqu'elle est jalouse de toi ; sa livrée de vestale est maladive et blême, et les folles seules la portent : rejette-la !... Voilà ma dame ! Oh ! voilà mon amour ! Oh ! si elle pouvait le savoir !... Que dit-elle ? Rien... Elle se tait...
Mais non ; son regard parle, et je veux lui répondre... Ce n'est pas à moi qu'elle s'adresse. Deux des plus. belles étoiles du ciel, ayant affaire ailleurs, adjurent ses yeux de vouloir bien resplendir dans leur sphère jusqu'à ce qu'elles reviennent.
Ah ! si les étoiles se substituaient à ses yeux, en même temps que ses yeux aux étoiles, le seul éclat de ses joues ferait pâlir la clarté des astres, comme le grand jour, une lampe ; et ses yeux, du haut du ciel, darderaient une telle lumière à travers les régions aériennes, que les oiseaux chanteraient, croyant que la nuit n'est plus. Voyez comme elle appuie sa joue sur sa main ! Oh ! que ne suis-je le gant de cette main ! Je toucherais sa joue !

Huit minutes plus tard ( surement un problème avec la connexion wifi)

EMMI. - Hélas !

Dans la demi seconde après


LEO. - Elle parle ! Oh ! parle encore, ange resplendissant !
Car tu rayonnes dans cette nuit, au-dessus de ma tête, comme le messager ailé du ciel, quand, aux yeux bouleversés des mortels qui se rejettent en amère pour le contempler, il devance les nuées paresseuses et vogue sur le sein des airs !

55 secondes plus tard

EMMI. - ô Léo ! Léo ! pourquoi es-tu Léo ?
Renie ton père et abdique ton nom ; ou, si tu ne le veux pas, jure de m'aimer, et je ne serai plus une Rothner.


LEO, à part. - Dois-je l'écouter encore ou lui répondre ?

 

Oh, mille pardon, je me suis trompé en faisant le copié collé...ô oeuvre intemporelle....Je ne sais pas pourquoi les romans épistolaires me font penser aux pièces de théatre de mon enfance...Peut être la mise en page...

ACTUALITE

"Quand souffle le vent du Nord", vient de sortir en poche aux éditions duLivre de poche: 6, 95 Euros.... 


La parution de "La septième vague", est pour moi l'occasion de revenir sur les romans épistolaires qui m'ont marqué ces dernières années.

1) Inconnu à cette adresse

9782862609119FS

Cela faisait pile poil une journée que j'étais libraire. Jeune en alternance à la librairie Bayard, les habits trop grands, la raie sur le côté. Roselyne, ma chef me met dans les mains ce petit bouquin. J'avais l'impression de devoir subir un rite de passage. un peu comme si je ne pouvais pas être libraire si je n'avais pas lu ce livre. Et Elle d'ajouter, "Tu verras, ça se lit tout seul.

Je revois encore le Guillaume d'alors, qui n'avais lu que de la fantasy, du Jules Verne et du Alexandre Dumas. "Un roman moderne".... "La correspondance entre un allemand et un juif de 1932 à 1934" ???" C'était comme revoir ma grand mère brandissant une cuillère à soupe d'huile de ricin... 

Et bien, merci Roselyne. Effectivement, on ne peut pas être libraire, si on n' a pas lu "Inconnu à cette adresse"... Ce livre a réelement ouvert des fenêtres en moi et m'a servi de passerelle vers la Littérature...

Il faut dire que ce dialogue, lu en une heure a peine eut grand effet sur moi. Aaaah, le crescendo...Le crescendo...

"Martin Schulse, Allemand et Max Eisenstein, juif Américain, sont deux galeristes associés, aux Etats-Unis. Ils sont surtout deux amis fervents, deux frères. Malgré l'installation de Martin à Munich, ils poursuivent leur amitié à travers des lettres chaleureuses, passionnées. En juillet 1933 pourtant, les doutes et le malaise de Martin face aux remous du gouvernement allemand font vite place à un antisémitisme que ne tempère plus la moindre trace d'affection. D'une cruauté imparable, sa décision tombe comme une sentence : "Ici en Allemagne, un de ces hommes d'action énergiques, essentiels, est sorti du rang. Et je me rallie à lui." Max ne peut se résoudre à une telle révolution, sentimentale et politique.

 

2) Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates

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Ah, voila un autre bijou, mais moins plombant que le precedent. 

Janvier 1946. Londres se relève douloureusement des drames de la Seconde Guerre mondiale et Juliet, jeune écrivaine anglaise, est à la recherche du sujet de son prochain roman. Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d'un inconnu, un natif de l'île de Guernesey, va le lui fournir ? Au fil de ses échanges avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre son monde et celui de ses amis ? Un monde insoupçonné, délicieusement excentrique. Celui d'un club de lecture créé pendant la guerre pour échapper aux foudres d'une patrouille allemande un soir où, bravant le couvre-feu, ses membres venaient de déguster un cochon grillé (et une tourte aux épluchures de patates...). Juliet est conquise. Peu à peu, elle élargit sa correspondance avec plusieurs membres du Cercle. Jusqu'au jour où elle comprend qu'elle tient avec le Cercle le sujet de son prochain roman et se rend à Guernesey. Ce qu'elle va trouver là-bas changera sa vie à jamais.

 

   Pour décrir ce roman, je n'aurais qu'un mot: "Délicieux". Ce charme anglais qu'ils mettent dans leurs romans et leurs films. Ce mélange de légereté, de distance et de passion. Ici il y a une histoire dans l'histoire. Les questions qui restent en suspend entrainent le lecteur toujours un peu plus loin.

On suit une héroine qui se retrouve entrainé dans une histoire formidable. A partir d'un petit rien, elle va saisir le bout de la bobine de fil et elle va tirer...tirer..sans savoir jusqu'où elle va aller.

Le "cercle", c'est un de ces petits bijou qui ira dans votre bibliothèque entre vos livres preférés. Il a sa place entre l'"ombre du vent" et "Corps et âme", au côté de "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur". Comme quelques uns des titres de cette liste, c'est aussi un roman sur les livres. Les livres qui rapprochent, les livres rédempteurs, les livres qui font partie du mystère...L'impression étonnante de ce livre, c'est le souvenir qu'il en laisse. Un souvenir, toujours présent, mais on oublie vite le côté épistolaire, pour ne se souvenir que de l'histoire....

 

 

 

3) 84, Charing Cross Road

 

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    "84, charing Cross Road" et sa suite: "La duchesse de Bloomsburry Street" ont la particularité, comparé aux autres romans cités plus haut; d'être encrés dans la réalité. Héléne Hanff a bien existé et a bien tenu pendant plus de 20 ans une correspondance avec la librairie d'occasion: Marks & co".
Petit phénomène en son temps, le livre reprend uniquement les lettres échangées et ça marche très bien comme ça. 
Helene s'adresse à la librairie de Londres alors qu'elle habite New York. Marks and co lui envoi les livres qu'elle leur demande.Pour les remercier, elle va leur faire parvenir de quoi enrichir leur quotidien ( de la viande , des oeufs).           En effet, c'est une période de rationnement ( la guerre est passé par là) et l'économie anglaise est au plus mal.
Forts de cet échange, les relations entre les différents protagonistes vont se développer, jusqu'à devenir une véritable amitié qui resistera au temps et à l'éloignement. Héléne répond chaque fois avec charme et humour. Avec les années, Elle se voit contrainte à chaque fois de repousser son voyage à Londres.
La suite, moins connue, pourrait presque passer pour un épilogue. Finalement, au crépuscule de sa vie, Hélène se rend à Londres, mais une partie de ceux avec lesquels elle a correspondus ne sont plus là....  
Trailer du film avec Anthony Hopkins: